DISCUSSION

 

II.
LES ARMES MEDIEVALES

 

2 - Les Armes Tranchantes

 

 

L'Epée
(Kiếm)

 

       

« L'Art de l'Epée »
(Kiếm-Thuật)

 

 

 

 

       Quand nous discutons à propos de l'Art de l'Epée du Đại-Việt, naturellement nous devons aborder l'Art de l'Epée de la Chine car nous sommes de même Culture d'Arts Martiaux. Mais comme nous ne partageons pas le même Concept d'Arts Martiaux, c'est pourquoi l'Art de l'Epée du Việt-Nam presente de nombreux points complètement différents quant au maniement de l'Epée. L'Etudiant Martial des Arts Martiaux Traditionnels du Việt-Nam aura besoin de bien connaître ce fait.

 

       I - L'Art de l'Epée du Đại-Việt et de la Chine

       L'application dans l'Art de l'Escrime du Đại-Việt des diverses tenues de l'Epée - que ce soit des Tenues à l'Endroit appelées « Chánh-Thủ-Kiếm » (comme Tenue en Chignon Loa-Bả 螺 把, Tenue en Pince Kiềm-Bả 鉗 把, Tenue en Trompant Ðiêu-Bả 刁 把, Tenue en Appuyant Áp-Bả 壓 把 ) ou bien des Tenues à l'Envers appelées « Phản-Thủ-Kiếm » (comme Tourner - Luân - 綸, Se Mouvoir - Vân - 耘, Transpercer - Xuyên - 穿, Découper - Quái - 劊, Balayer - Tảo - 掃), est totalement différente de celle dans l'Escrime Chinoise.

       A - L'Escrime de la Chine se base sur la distinction claire et nette entre les deux branches « Epée en Attente - Trạm-Kiếm - 站 劍 » et «Epée en Mouvance - Hành-Kiếm - 行 劍 » ; c'est pourquoi, il possède jusqu'à 24 manières de manier l'Epée :

01. Tiễn (筅) - Tirer (Flèche),
02. Thích (刺) - Estoquer,
03. Phách (劈) - Fendre,
04. Khảm (砍) - Couper,
05. Liêu (撩) - Tailler vers le haut,
06. Đào (逃) - Se Cacher,
07. Phao (拋) - Rejeter,
08. Lan (攔) - Barrer,
09. Bằng (憑) - Appuyer,
10. Quái (劊) - Découper,
11. Mạc (莫) - Taillader,
12. Thác (錯) - Limer,
13. Cổn (滾) - Plonger,
14. Điểm (點) - Pointer,
15. Vân (雲) - Envelopper (Nuage),
16. Điền (填) - Combler,
17. Xung (衝) - Attaquer,
18. Giảo (絞) - Serrer,
19. Thúc (束) - Lier,
20. Thác (托) - Soulever,
21. Đề (提) - Elever,
22. Điêu (刁) - Tromper,
23. Liệt (裂) - Déchirer,
24. Loát (捋) - Effleurer.

       Avec les 24 manières de manier l'Epée ci-dessus, L'Escrime Chinoise fut très élevée et vraiment riche dans le passé.

        La sublimité de l'Art de l'Epée de la Chine du temps jadis ce fut d'avoir conduit les Escrimeurs à posséder la Notion Suprême dans la Philosophie Métaphysique concernant l'Art de l'Epée des Etres Transcendants Kiếm-Tiên. Il s'agit de « Kiếm-Khí 劍 氣 - Epée devenant Souffle Vital Khí », « Kiếm-Quang 劍 光 - Epée devenant Lumière », « Kiếm-Nhãn 劍 眼 - Epée devenant Regard »...

       Quant à la richesse de l'Art de l'Epée de la Chine, elle fut due jadis au fait que toutes les Ecoles d'Escrime possédèrent la capacité de concevoir respectivement une Epée forgée pour l'Art de l'Epée spécifique de chacune de leur Ecole : les Epées des Ecoles réputées comme « l'Ecole d'Escrime Toàn-Chân 全 眞 », « l'Ecole d'Escrime Hoa-Sơn 花 山 », « l'Ecole d'Escrime Nga-Mi 峨 嵋 », « l'Ecole d'Escrime Không-Đồng 崆 峒 », etc., furent toutes totalement différentes les unes des autres. Il suffit de les voir pour en distinguer le nom déclaré de chaque Ecole.

       De nos jours, avec le développement des Arts Martiaux Sportifs du Wu-Shu de la Chine, que la plupart des marchés commerciaux réservent en priorité tout l'équipement pour eux, pouvoir trouver sur ces marchés une précieuse Epée, forgée en Acier Corroyé, permettant alors d'utiliser efficacement les 24 manières de manier l'Epée précitées, n'est pas chose facile.

Le Maître d'Epée Yang Jwing Ming faisant la démonstration
de l'Art de l'Escrime Chinoise Traditionnelle.

Pratiquantes Chinoises faisant la démonstration
de l'Art de l'Epée du Wushu moderne Aux 10e China Games.

 

Pratiquantes Vietnamiennes Trà-My et Thùy-Linh
faisant la démonstration de l'Art de l'Epée
du Wushu moderne aux 25e Sea Games.

 

Pratiquantes Vietnamiennes Trà-My et Thùy-Linh
faisant la démonstration de l'Art de l'Epée
du Wushu moderne aux 25e Sea Games.

 

 

       B - Quant à l'Escrime du Đại-Việt, comme d'ailleurs les Arts Martiaux Traditionnels de Bình-Định, elle se base sur le principe « d'Elimination de la Prolixité au nom de l'Epuration » (khứ vu tồn thanh) et de celui « d'Effacer la Complication au nom de la Réalisation de la SImplicité » (San Phồn Tựu Giản).
       Elle a été forgée par les Anciens sur les champs de bataille afin de combattre la supériorité numérique d'après le Principe martial de « faire usage du Court pour vaincre ce qui est Long - utiliser la Souplesse pour dominer la Dureté ».
       Par conséquent, l'Escrime traditionnelle de Bình-Định (Việt-Nam) ne fait appel qu'à 12 façons de manier l'Epée dans les champs de bataille :

01. Estoquer - Đâm - (Thích )
02. Couper - Chém - (Khảm ),
03. Tailler - Vót - Ngoan (刓),
04. Peler - Gọt - Tước (削), (𠞡)
05. Limer - Giủa - (Thác ),
06. Lisser - Vuốt - (Loát ).
07. Echapper - Thoát - (Thoát ),
08. Elever - Nâng - (Đề ),
09. Appuyer - Đè - (Bằng ),
10. Envelopper - Bọc - (Bao ),
11. Renverser - Lật - (Đảo ),
12. Noyer - Dìm - (Trầm ).


       
         Avec ces 12 façons de manier l'Epée précitées ainsi que leur manière d'application spécifique des Arts Martiaux des Champs de Bataille des Vietnamiens, en vue de Vaincre la Rapidité par la Lenteur selon le Principe martial de « maîtriser l'Agitation par la Sérénité », l'Art de l'Epée du Đại-Việt cristallise l'« Epée en Attente - Trạm-Kiếm - 站 劍 » et l'«Epée en Mouvance - Hành-Kiếm - 行 劍 » en un seul Art de l'Epée, il s'agit đe l'« Epée en Action - Tác-Dụng Kiếm - 作 用 劍 ».

         Il nous suffit alors de comparer les Séquences Codifiées dans l'Escrime du Đại-Việt comme « Trường-Kiếm » (長 劍), « Long-Môn-Kiếm » (龍 門 劍), « Độc-Long-Kiếm » (獨 龍 劍), ou bien « Long-Vân Kiếm » (龍 雲 劍) avec celles dans l'Escrime Chinoise comme « Đạt-Ma Kiếm » (达摩 劍), « Thái-Cực-Kiếm » (大 極 劍), « Ngũ-Hành-Kiếm » (五 行 劍), ou bien « Long-Hành Kiếm » (龍 行 劍) pour en avoir le cœur net.

 

Etudiants Martiaux du Système d'Ecole Bình-Định Sa-Long-Cương s'entraînant au Duel avec l'Art de l'Escrime
dans la Tradition des Arts Martiaux des Champs de Bataille.


Etudiants Martiaux du Système d'Ecole Bình-Định Sa-Long-Cương s'entraînant au Combat Collectif
à l'Arme Tranchante dans la Tradition des Arts Martiaux des Champs de Bataille.


       A travers tant de vicissitudes de l'Histoire, l'Art de l'Epée du Việt-Nam devient une discipline trop peu intéressée par les gens.

       Aux temps de la Guerre de Résistance contre les Français, à Bình-Định, le Vieux Maître PHẠM-Hiếu père de notre Grand-Maître PHẠM-Thi, a forgé les 12 techniques de la Lignée d'Arts Martiaux du Commandeur PHẠM-Tường pour enseigner aux armées des Nord-Vietnamiens et que le dernier ayant encore apprises fut le feu-Maître Hà-Trọng-Sơn. Cependant ce Maître ne se spécialisait pas dans l'Art de l'Epée mais dans les combats de Boxe Libre sur Ring.

       Aux temps de la Guerre Américano-Viernamienne, le pays fut divisé en deux nations, et dans la capitale Saïgon du Sud-Vietnam il n'y eut que trois Vieux Maîtres qui enseignèrent réellement l'Art de l'Epée. Ce furent :
               1 - Le Vieux Maître Phi-Sơn-Hải (champion de l'Art de l'Epée du Việt-Nam à Hà-Nội en l'an 1937), qui enseigna l'Art de l'Epée dans sa Salle d'Armes de la rue Yên-Đỗ. Il fut la personne unique ayant proposé au Président Ngô-Đình-Diệm et ayant formulé la demande d'enseigner l'Art de l'Epée aux armées du Sud-Vietnam afin de contrecarrer le maniement des Cimeterres des combattants du Nord-Vietnam, mais sa proposition fut rejetée ;
           2 - Le Vieux Maître Lê Văn Kiển (Alias Tám Kiển), qui enseigna l'Art de l'Epée au Stade Sportif de la rue Phan-Đình-Phùng ;
              3 - Le Vieux Maître Trương-Thanh-Đăng (Fondateur du Système d'Ecole Sa-Long-Cương), qui enseigna l'Art de l'Epée dans sa Salle d'Armes de la rue Nguyễn-Cư-Trinh.

 

Le Maître d'Epée Phi-Sơn-Hải
présentant l'Art de l'Epée à Hà-Nội (1937).
( Sa Main Gauche ouverte en « Pâtaka Mûdra - Kỳ-Ấn 旗 印 »)

Le Maître d'Epée Phi-Sơn-Hải avec sa Garde célèbre
(Hà-Nội - 1937)


       De nos jours, le Việt-Nam est unifié, les disciplines d'Arts Martiaux Traditionnels du Việt-Nam en général et celles d'Arts Martiaux Traditionnels de Bình-Định en particulier, avec le développement d'après la démarche sportive du Wu-Shu en Chine, sont bien connues à présent par le monde entier. Un fait qui mérite de redouter c'est que depuis lors, les Elèves Martiaux Vietnamiens ont tendance à imiter les gestes de présentation des Séquences Codifiées à la manière des Elèves Martiaux du Wu-Shu de la Chine. Ce fait nous pousse à nous poser en silence de nombreuses questions sur l'Art de l'Epée du Đại-Việt que nos Ancêtres ont tant peiné pour nous les transmettre. Surtout lorsque nous voyons que la Séquence Codifiée du Maniement de l'Epée du Đại-Việt, comprenant Sept puissance Trois = 343 Bottes d'Escrime dans le Système d'Ecole Sa-Long-Cương, n'est plus enseignée de nos jours au Việt-Nam, car elle a été remplacée par la Séquence Codifiée « Đạt-Ma Kiếm » (达摩劍) de Chine. Tout comme lorsque nous voyons que la Séquence Codifiée « Độc-Long Kiếm » du Đại-Việt a été transformée en celle de « Thanh-Long Độc-Kiếm », plagiant ainsi le maniement de l'Epée à la chinoise...

Les Hommes d'Epée de la Garde Impériale
rompus à l'usage du Long Sabre - Trường Gươm
Dynastie des NGUYỄN (1802-1945)

 

Grande Dame Phạm-Cô-Gia du System d'Ecole
d'Arts Martiaux Traditionnels au Việt-Nam
faisant la démonstration à l'âde de 90 ans
l'Art du Maniement de la Double-Epée Appariée.

(Photo Crédit : Système d'Ecole Phạm Cô Gia)

 

       Les aspects divergents, entre les Artsl Martiaux du Đại-Việt et ceux de la Chine, ont été fondés par la guerre et pour la guerre. Si les Arts Martiaux des Ancêtres des Vietnamiens imitaient en plagiant ceux de la Chine, alors comment auraient-ils pu combattre leurs armées d'envahisseurs numériquement bien supérieures, dans les temps où les Arts Martiaux étaient essentiels ?       

       Au-delà de tout ce qui est cité ci-dessus, l'Art de l'Epée du Đại-Việt et celui de la Chine possèdent malgré tout des points communs dans la Culture Littéraire en général et dans la Culture Martiale en particulier. Et il en existe deux points capitaux dans l'Art de l'Epée dont les Séquences Codifiées des deux pays en sont la preuve bien évidente. Depuis les temps de jadis, le Đại-Việt et la Chine ont toujours :
       1) - considéré le Dragon comme Symbole pour la Lame tranchante de l'Epée ;
       2) - conservé les Coups d'Estoc et de Taille dans leur maniement respectif de l'Epée.

       Cela n'est ni le cas de l'Art de l'Epée en Occident qui a délaissé complètement les Coups de Taille en faveur des Coups d'Estoc, ni le cas du Japon qui, au contraire, privilégie les Coups de Taille (Suburi) au détriment des coups d'Estoc (Tsuki).

       Ainsi, nous arrivons à ce point où il nous est nécessaire de parler de l'Art de l'Escrime de l'Italie et de la France en Occident et de celui du Japon en Orient.

 

       II - L'Art de l'Epée de l'Italie et de la France

          L'Art de l'Escrime de l'Italie et de la France en Occident, après s'être développé jusqu'au degré suprême, fut devenu un Sport international au sein même des Jeux Olympiques.

Le Tournoi International d'Escrime - Une Séance au Jardin de Paris - L'illustration du 13 Juin 1896.
Dessin de Georges Scott, 1896.


        Avec les Huit Manières de tenir l'Epée d'après l'anatomie du poignet : « Prime, Seconde, Tierce, Quarte, Quinte, Sixte, Septime, et Octave », les Italiens et les Français en Europe ont perfectionné leur Escrime Médiévale à un niveau très élevé au XVIIème siècle à travers l'usage d'une sorte d'Epée appelée « Rapière ».
        Plus tard, l'Art de l'Escrime de l'Europe, ne cessa pas de se perfectionner, et l'on inventa une catégorie d'Epée sous le nom de « Fleuret », plus courte et plus légère que la Rapière, en vue de s'entraîner et faire des recherches sur la Xiphonomie ou l'Art de l'Escrime.
        Puis aux environs de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle, l'Escrime Européenne atteignit un niveau suprême jamais encore atteint. Il s'agit-là de l'époque où apparurent des Maîtres d'Armes réputés parmi lesquels il faut citer :

        - les Maîtres italiens Parise Masaniello - (1850 -1910), considéré comme "le Père de l'Escrime Italienne", Nadi, Aldo - (1899 - 1965), champion olympique européen durant 12 ans d'affilée, un des plus grands Escrimeurs de tous les temps, Santelli, Italo – (1871 – 1945) considéré comme l'un des plus grands maîtres de l'Escrime Moderne ;

        - et les Maîtres français Jean-Louis Michel (1785-1865), le Maître invincible en Europe, établi à Montpellier, où il fonda ce qui devint la plus célèbre Ecole d'Escrime, Louis Justin Lafaugère (1782-1856), le Maître talentueux des Hussards de la Garde Royale et A.J.J. Posselier, célèbre sous le nom le nom de "Gomard", le Maître réputé des Mousquetaires Gris du Roi.
        - Parmi ces Trois Maîtres d'Escrime français, il est regrettable que le Maître Jean Louis Michel n'ait pas écrit de Livre sur le Maniement de l'Epée pour faire connaître au monde ses Bottes d'Escrime exceptionnelles, mais seuls le Maître Lafaugère a écrit un Traité sur l'Escrime (1825) pour expliquer et enseigner les 12.500 Coups & Bottes de son Ecole et le Maître Gomard un Livre sur la Théorie de l'Escrime (1845) pour transmette à la postérité les 336 Coups & Bottes de son Ecole, soigneusement étudiés, analysés et définis.

          Les Italiens et les Français en Europe, après avoir développé leur Escrime jusqu'au niveau suprême, l'ont transformé en un Sport International dans les Jeux Olympiques, et depuis, leur Escrime pleine de virtuosité et de subtilité, fut devenue une sorte d'Escrime qui ne mérite plus son nom déclamé.

 

Lorsque l'Art de l'Epée avec des Coups d'Estoc entraînés à la virtuose et pleins de subtilité ayant été transformé pour devenir
un Sport de Compétition.

Lorsque l'Art de l'Epée avec des Coups d'Estoc entraînés à la virtuose et pleins de subtilité ayant été transformé pour devenir
un Sport de Compétition.

 

       III - L'Art de l'Epée du Japon

          L'Art de l'Escrime Japonaise associée au Sabre-Gươm si tranchant, appelé Katana, prenant naissance à partir de la merveilleuse technologie de forgeage des Epées en acier corroyé de la Dynastie des TANG (618~907 JC), est de nos jours célèbre dans tous les cinq continents et les quatre océans. Il s'agit-là d'un phénomène culturel et non d'un fait sportif comme l'est l'Art de l'Escrime Occidentale.

         A travers Trois Gestes particuliers concernant : 1. Nukitsuke (Bạt-Kiếm 拔劍 - Dégainer), 2. Chuburi ( 血振 Huyết-Chấn - Secouer pour Enlever le Sang) et 3. Noto ( 納刀 Nạp-Đao - Rengainer), L'Escrime du Japon a intensifié les traits esthétiques, dynamiques et épiques de la précieuses Epée que les Anciens ont léguée l'Art de la forger.

         Et à travers les Gestes Kamae avec Cinq sortes de Gardes fondamentales (1. Seigan, 2. Hasso, 3. Jodan, 4. Gedan, 5. Waki) et les Gestes Kiritsuke avec Sept Coups de Taille (1. Shomen Uchi, 2. Migi Kesagiri, 3. Jidari Kesa Giri, 4. Migi Yoko-Guruma, 5. Hidari Yoko-Guruma, 6. Migi Gyaku Kesagiri, 7. Kidai Gyaku kesagiri) et Un Coup d'Estoc (Tsuki) l'Escrime du Japon a offert au monde une source de pédagogie concise dans la Culture séculaire qui a été d'ores et dèjà conservée, comme elle a divulgué au monde la précieuse Formule Esotérique de l'Extrême-Orient « Le Souffle Vital, l'Epée et le Corps Unifiés dans un même Esprit » (Kikentai no ichi 気剣体の一) ainsi qu'elle a élevé leur Escrime au niveau du rang d'une Voie Spirituelle.

Maître de Kenjutsu Ohno en garde
« Hasso no Kamae ».

(Photo Crédit : Tetsudokan Jujitsu - Willoughby, Ohio)

 

Maître de Kenjutsu Kunii Zen'ya en garde
«
Waki no Kamae » spécifique de Kashima Shin Ryu.

                Effectivement, au début du Thế-Kỷ XVIII siècle, le Maître Naganuma Shiro inventa l'Epée de Bambou "Shinai " et l'Armure d'Entraînement "Bogu " pour que les Elèves puisssent s'entraîner en toute sécurité, au lieu d'utiliser les Epées de Bois "Bokken" et l'Epée d'Acier Katana". Cet équipement a aidé aux Elèves Escrimeurs de passer from Fencing's Study with the Killing Sabre (Setsuninto 殺人刀) into the Fencing's Study with Alive Man Sword (katsuninken 活人劍 剣).

 

L'Epée de Bambou « Shinai »

 

l'Armure d'Entraînement « Bogu »

 

         Puis en 1912, le Japon a élevé son Art de l'Epée (劍 術 Kenjutsu Kiếm-Thuật) au rang d'une Voie Spirituelle et l'a changé officiellement en Voie de l'Epée (劍 術 Kendo Kiếm-Đạo) avec la divulgation des Séquences Codifiées "Katas" pour le Kendo (Nihon Kendo no Kata).

Une Salle d'Armes s'entraînant au Kendo (Kiếm-Đạo)
dans une Ecole d'Agriculture du Japon aux environs de 1920.
( Le Kendoka sur la gauche fut en Garde « Jōdan no Kamae »
et le Kendoka sur la droite en Garde « Seigan no Kamae »)


         La Fédération Internationale de Kendo (FIK), dont le siège social se trouve à Tokyo à la Fédération Japonaise ZNKR (Zen-Nihon-Kendo-Renmei or All-Japan-Kendo-Federation), a été créée en 1970 par les 17 pays et fédérations fondateurs. En 2006, la FIK comptait 47 membres. Elle a pour but le développement international du kendo et des disciplines associées Iaidō (居合道 Cư-Hiệp Đạo) et Jōdō (杖道 Trượng Đạo).        

         - Le Jōdō (杖道 Trượng-Đạo) prend sa source au Jō-Jutsu (杖術 Trượng-Thuật) du Courant d'Arts Martiaux Shindo Muso (Shindo Muso Ryu), fondé par le célèbre Maître Musō Gonnosuke en l'an 1605. Ce fut précisément le Maître T. Shimizu qui eut élevé le Jō-Jutsu (杖術 Trượng-Thuật) en Jō-Đō (杖道 Trượng-Đạo) tout juste après la Guerre du Pacifque lors de la 2e Guerre Mondiale et en premier lieu pour enseigner à la Police.

         - Le Iai-Do (居合道 Cư-Hiệp-Đạo) prend sa source au Battō-Jutsu (抜刀術 Bạt-Đao-Thuật), encore appelé plus littérairement par Iai-Jutsu 居合術 Cư-Hiệp-Thuật,fondé par le célèbre Maître Hayashizaki Shinsuke Shigenobu, né en l'an 1542 à Shinzaki dans le Dewa. Il s'agit de la méthode de Dégainer et Frapper en coup de Taille dans un même mouvement sous n'importe quelle direction.

 

L'Homme d'Epée Machii Isao se préparant à dégainer
d'après la méthode du « Batto-Do - Bạt-Kiếm-Đạo ».

Le Maître d'Epée Jorge Kishikikawa dans une technique de Dégainement et de saut tout en Frappant un coup de Taille d'après la méthode du « Batto-Do - Bạt-Kiếm-Đạo »..


         Le développement réussi de cette discipline Iai-Dō (居合道 Cư-Hiệp-Đạo) est dû à deux raisons :
         1 - La première raison en est la prise de conscience des Maîtres d'Escrime de l'ère Meiji (Minh-Trị) que si l'on ne consentait pas à divulguer cette discipline Iaido à la multitude, elle serait vouée à la disparition ;
         2 - La deuxième raison en est la volonté des Maîtres d'Escrime ayant fondé le Kendo moderne de ne pas vouloir laisser le Kendo se dénaturer en un Sport.

Lorsque l'Art de l'Epée avec des Coups de Taille entraînés à la virtuose et pleins de subtilité
ayant été transformé pour devenir un Sport de Compétition.

 

         Et ce Battō-Jutsu (抜刀術 Bạt-Đao-Thuật) - encore appelé Battō-Do (抜刀道 Bạt-Đao-Đạo) - du Japon a pu forger tant d'Hommes d'Epée réussissant la précieuse Formule Esotérique de l'Art de l'Epée : « Le Souffle Vital, l'Epée et le Corps Unifiés dans un même Esprit » (Kikentai no ichi 気剣体の一) dont parmi eux, existe de nos jours, en l'an 2012, un homme d'Epée extraordinaire au nom de Machii Isao :

L'Homme d'Epée Machii Isao dégainant son Katana
d'après le Batto-Do et coupant en deux la balle de plomb
de 6 mm de rayon, tirée au pistolet à 12 m,
avec une vitesse de 300 km/h.

(Photo Crédit : http://www.le-saviez-vous.fr)

 

L'Homme d'Epée Machii Isao dégainant son Katana
d'après le Batto-Do et coupant en deux la balle de plomb
de 6 mm de rayon, tirée au pistolet à 12 m,
avec une vitesse de 300 km/h..

(Photo Crédit : http://www.le-saviez-vous.fr)


      IV - L'Art de l'Escrime et la Lame de l'Epée

         Pour conclure, nous pouvons affirmer la relation intime et la correspondance évidente entre l'Escrime et la Lame de l'Epée.

         Effectivement, d'une manière générale, la Morphologie de la Lame de l'Epée extériorise l'Art de l'Escrime la concernant :
         - Dans le maniement des Lames Droites, les coups d'Estoc sont plus faciles que les coups de Taille ;
         - Dans le maniement des Lames Courbes, les coups de Taille sont plus faciles que les coups d'Estoc.

         Cependant, la Morphologie de la Lame de l'Epée dans le monde est très variée, par conséquent elle induit de très nombreux Arts de l'Escrime différents, selon les régions de chaque nation.

         A) - Pour les Lames Droites, grosso-modo il existe Deux grandes Catégories d'Epées :

                                1 - La Grande Catégorie d'Epées Raides ;

                                2 - La Grande Catégorie d'Epées Flexibles.

                A1 - La Grande Catégorie d'Epées Raides renferme Trois Classes d'Epée :

                     a) - La Classe d'Epées Raides à Lame Droite avec Deux Tranchants Lisses : Il s'agit de la catégorie des Epées réputées depuis l'Epoque des Printemps-Automnes « Xuân-Thu Thời-Đại - 春 秋 時 代 » (722-481 av.JC) en Chine et de l'Epoque de la Dynastie des Mérovingiens (500~751 JC) en France ; c'est aussi la catégorie de l'Epée la plus employée de par le monde.

Epée Raide à Lame Droite Unique avec Deux Tranchants de Câu-Tiễn (Goujian) Roi des Việt (Yue)
de l'Epoque des Printemps-Automnes (722-481 av.JC)


Epée de l'Epoque de la Dynastie des MEROVINGIENS (500~751 JC)
(Reconstitution historique par Gaël Fabre)



                      b) - La Classe d'Epées Raides à Lame Droite avec Un Tranchant Lisse : Il s'agit de la catégorie de l'Epée réputée de l'Epoque de la Dynastie des TÙY (SUY 581~618 CL) et de l'Epoque de la Dynastie des ĐƯỜNG (TANG 618~907 CL) et de l'Epée Séculaire spécifique du Đại-Việt ;

Epée Raide à Lame Droite Unique avec Un Tranchant
de l'Epoque de la Dynastie des ĐƯỜNG (TANG 618~907 JC)
.


Epée Raide à Lame Droite avec Tranchant Unique et à Pointe Relevée du ĐẠI-VIỆT
(XVe~XIXe siècles).
(Reconstitution historique par Michel Souquet)

                      c) - La Classe d'Epées Raides à Lame en Dents de Scie Particulières : il s'agit des Epées appartenant à la Catégorie des « Epées Brise-Lames Kiếm-Giản ».
                      Cette Classe d'Epées se divide en divisées en Deux Groupes distincts :

                       a) Le Groupe d'Epées Raides à Lame avec Un Tranchant en Dents de Scie :

« Epée-Dague Brise-Lames » à Une Main d'Italie
avec une Lame Droite à un Tranchant en Dents de Scie particulières.
Chine - 19e Siècle



                       b) Le Groupe d'Epées Raides à Lame avec Deux Tranchants en Dents de Scie :

« Epée Brise-Lames » à Une Main de Chine
avec une Lame Droite à Deux Tranchants en Dents de Scie particulières.
Chine - 19e Siècle



                A2 - La Catégorie d'Epées Flexibles à Lame Droite avec Deux Tranchants - Elle est appelée en Sino-Vietnamien par Nhuyễn-Tiên-Kiếm, en Hindi par Urumi, et elle est divisée en Deux Classes :

                          a) - La Classe d'Epées Flexibles à Lame Droite Unique avec Deux Tranchants : il s'agit de l'Epée Flexible Nhuyễn-Tiên-Kiếm 軟 鞭 spécifique des trois pays : « Chine » (traditionnellement sans garde ni sous-garde), « Inde » et « Malaisie » (avec garde et sous-garde protégeant la main)

Epée Flexible de Ceinture - Nhuyễn Tiên Kiếm 軟 鞭 劍 de Chine
à Lame Droite Unique avec Deux Tranchants

(Reconstitution par ChinaTown-Shop)

Epée Flexible à Lame Droite Unique
avec Deux Tranchants

« Urumi »

(Credit Photo : http://theblogthattimeforgot.blogspot.fr)


Escrime à l'Epée Flexible « Urumi »
à Lame Droite Unique avec Deux Tranchants
en Inde.

                          b) - La Classe d'Epées Flexibles à Lame Droite Multiple (ayant de 4 à 6 Lames souples) avec Deux Tranchants : il s'agit de l'Epée Souple à Lame Droite spécifique de l'Inde et tenue en haute estime en Malaisie :

                  - au Nord-Kerala elle est appelée en Hindi par « Urumi », et encore en Tamil par Surul Pattai ;

                  - au Sud-Kerala elle est appelée d'après la langue Malayalam par « Chuttu-Val », c'est-à-dire Epée Enroulable (Quyển-Kiếm ). C'est l'arme dont la technique du maniement est très ardue, employée spécialement pour briser les manœuvres d'encerclement de nombreux adversaires et surtout dangereuse pour l'utilisateur même.

Epée Flexible à Lame Droite Multiple
avec Deux Tranchants
« Urumi - Chuttu-Val »

(Photo Crédit : http://theblogthattimeforgot.blogspot.fr)


Grand Expert Indien faiant la démonstration du maniement de l'Epée Flexible à Lame Droite Multiple avec Deux Tranchants
« Urumi - Chuttu-Val »


         B) - Pour les Epées à Lames Courbes, encore appelée par Sabre - Gươm, grosso-modo il existe Deux Catégories d'Epées, divisées suivant la courbure de la Lame en Deux Catégories :

                    B1 - La Catégorie d'Epées à Lame Courbe à partir du Milieu de la Lame jusqu'à la Pointe ; il s'agit-là de l'Epée à Lame Courbe de la grande majorité dans le monde. Cependant, il en existe au sein même de cette Catégorie d'Epées à Lame Courbe Deux Classes d'Epée :

                         a) - La Classe d'Epées à Lame Courbe au Tranchant Lisse :

« Sabre-Gươm à Une-Main », avec Tranchant et Contre-Tranchant
Đại-Việt - 18e~19e siècles.



                         b) - La Classe d'Epées à Lame Courbe au Tranchant en Dents de Scie :

Epée à Une Main « Shamshir » de l'Inde
avec une Lame Courbe en Dents de Scie.
Inde - 18e Siècle


                    
                    B2 - La Catégorie d'Epée à Lame Courbe à partir du Milieu de la Lame jusqu'à la Garde ; il s'agit-là du Sabre - Gươm, appelé « Katana », spécifique du Japon, héritier de l'exceptionnelle et merveilleuse Epée de l'Epoque des ĐƯỜNG (TANG 618~907 JC).

Le Sabre-Gươm « Katana » réputé du Japon,
avec une Lame Courbe à partir du Milieu de la Lame jusqu'à la Garde.


(Phot
o Credit : Paul CHEN)

 

        C) - Pour les Epées à Lames Ondulées, groso-modo, il comprend Deux Catégories d'Epée :
:
                 C1 - La Catégorie d'Epées à Lame Ondulée inventées en Occident. Il s'agit de celle inventée en France et comprend Deux Classes différentes :

                       a) La Classe d'Epée à Lame Ondulée à Deux Mains, couramment appelée « Flamberge » (venant du Nom de l'Epée de Renaud de Montauban, Chevalier du IXe Siècle, sous le règne de Charlemagne).

Epée à Deux Mains « Flamberge » de France,
avec une Lame Ondulée en forme de Flamme.
(Reconstitution Historique)



                         b) La Classe d'Epée à Lame Ondulée à Une Main, inhérente à la transformation de la célèbre Epée appelée « Rapière ».

« Rapière » à Une Main
avec une Lame Ondulée en Forme de Flamme.

France - Fin 16e Siècle


(Crédit Photo : George Cameron Stone)



                 C2 - La Catégorie d'Epées à Lame Ondulée inventée en Orient. Il s'agit de celle comprenant Six Classes d'Epées différentes α, β, γ, δ, ε et ζ, divisées en Deux Groupes distincts :

                        C2a - Le Groupe d'Epées à Lame Ondulée Asymétrique se divisant en Trois Classes :

                           α - La Classe d'Epée à Lame Ondulée à Une Main, créée en Inde à partir du Sabre « Shamshir » et du du Sabre « Khanda » :

Sabre à Une Main « Shamshir » Arabe
avec une Lame Ondulée.


Sabre à Une Main « Khanda » de l'Inde
avec une Lame Ondulée en Serpentine,
se terminant en Tête de Cobra vers la Pointe.


                            
                          β - La Classe d'Epée à Lame Ondulée à Une Main, créée en Malaisie, en Indonesie et aux Philippines                             sous le nom de « Keris or Kris » :

Epée à Une Main « Keris or Kris » d'Indonésie,
avec une Lame Ondulée en Serpentine.



                   γ - La Classe d'Epée à Lame Ondulée à Une Main, créée en Chine sous le nom de « She Jian                             Xà- Kiếm - Epée à Lame Serpentine » :

Epée à Une Main « She Jian 蛇 Xà Kiếm » de Chine
avec une Lame Ondulée en Serpentine.



                        C2b - Le Groupe d'Epées à Lame Ondulée Symétrique : il s'agit des Armes Tranchantes rangées dans la Catégorie des Fléaux d'Armes Rigides - Ngạnh-Tiên, qui se divisent en Deux Classes :

                    δ - La Classe des Fléaux d'Armes Rigides Uniques à Une Main et Fléaux d'Armes Rigides Doubles                              Appariés ;

                              ε - La Classe des Fléaux d'Armes Rigides Uniques à Deux Mains.


« Unique Fléau d'Armes Rigide » du Đại-Việt
« Độc-Ngạnh-Tiên »
( 獨 硬 鞭 )


Epée à Deux Mains à Lame Ondulée Symétrique du Đại-Việt
(Reconstitution historique par le Département Võ-Trận Đại-Việt)



« Unique Fléau d'Armes Rigide » de Chine
« Độc-Ngạnh-Tiên »
( 獨 硬 鞭 )


Epée à Deux Mains à Lame Ondulée Symétrique de Chine.
(Reconstruction pour l'Entraînement dans les Salles d'Arts Martiaux)


         Ainsi, nous pouvons tout à fait concevoir qu'il existe dans la catégorie des Armes Tranchantes autant de sortes d'Epées qu'il existe dans l'Art de l'Escrime autant d'Arts du Maniement de l'Epée.  Et chaque Art de l'Escrime requiert la possession d'une Epée susceptible de seconder efficacement l'Art de son maniement.

Escrime à « l'Epée Đại-Việt » en France.

(Photo Crédit : Bình-Định Sa-Long-Cương France)


 

Escrime au « Sabre Indien Talwar » en Jordanie.

(Photo Crédit : Al Faris International
Horseback Archery Competition)



Réplique Indo-Persane du Sabre Gươm-Đao légendaire invincible « Zulfiqar - Dhû'l-fiqâr »
du Généralisime Musulman Ali ibn Abi Talib (v. 600 ~ 661).

 

Réplique Turco-Persane du Sabre Gươm-Đao légendaire invincible
« Zulfiqar - Dhû'l-fiqâr » du Généralisime Musulman
Ali ibn Abi Talib (v. 600 ~ 661).

(Photo Crédit : http://theblogthattimeforgot.blogspot.fr)

 

Le célèbre Sabre Gươm-Đao « Kora »
de l'Inde du Nord et du Népal,
employé pour la guerre et pour les sacrifices rituels.

(Photo Crédit : http://theblogthattimeforgot.blogspot.fr)

 

Comité des Maîtres d'Arts Martiaux
VÕ-TRẬN-ĐẠI-VIỆT
Bình-Định Sa-Long-Cương
FRANCE

TRỊNH Quang Thắng.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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